net amalthee 4
Voilà quelques idées de lectures pour vos soirées d'hiver, si vous avez su vous en garder quelques unes de libres bien sûr.
Le Cheval de Troie (Colleen McCULLOUGH/Le livre de poche)
Pour les passionnés de l'Iliade (Homère). Comme il est agréable de voir ces anciens mythes réappropriés par des auteurs actuels. C'est malheureusement encore trop rare. Par exemple, le cinéma gagnerait beaucoup à s'ancrer davantage dans un référentiel mythologique greco-romain, dont la civilisation est un des berceaux de la nôtre. Les frères Coen, avec "O'brother", s'inspirent avec brio de l'Odyssée. Espérons qu'il y en aura d'autres... Bref! Revenons au bouquin. J'avoue que lorsque j'ai vu que C. McCullough avait notamment écrit "les oiseaux se cachent pour mourir", j'ai eu un peu peur ! Je me suis dit : allons-y pour le romantisme échevelé et les cheveux dans le vent au clair de lune, "tu es la rose de ma vie", etc. Heureusement (est-ce l'âge?), l'auteur a cette fois su juguler sa tendance à la romance kleenex et bâtir un récit intelligent et original. On y retrouve les principaux héros de la guerre de Troie : Hector, Agammemnon, Hélène, Paris, Ménélas, Ulysse, Achille... Si le récit est linéaire, il privilégie la diversité des points de vue (un chapitre = le récit d'un personnage) qui
n'est pas sans rappeler un roman épistolaire ("les liaisons dangereuses" pour ne pas le citer). Une des différences essentielle avec le récit d'Homère (auteur supposé), outre l'absence de versification, est la place des dieux dans le récit.
Elle est sensiblement réduite (modernité oblige). Leur influence quant à la destinée des mortels est revue à la baisse, et les hommes qui se prétendent fils de divinité sont considérés par beaucoup comme des aliénés. Quel changement ! Les
dieux eux-mêmes passent pour de sérieux agités du bocal (Thétis).
Les femmes du roi-soleil (Simone BERTIERE/Le livre de poche)
Il ne s'agit pas d'un roman mais d'un documentaire historique, quatrième et dernier volet de la grande fresque entreprise par Simone Bertière. Après s'être intéressée aux reines de France au temps des Valois, elle s'occupe logiquement des reines de la branche suivante, celle des Bourbons. Après avoir traité le cas des deux régentes successives de la première moitié du XVII ème siècle (Marie de Médicis, puis Anne d'Autriche), on tord ensuite le coup aux nombreuses femmes qui gravitent autour de Versailles et bien sûr, du roi. C'est l'objet du présent volume.
En fait, il y a peu à dire sur la légitime, Marie-Thérèse d'Espagne, fade et sans grandeur ni ambition. Elle laisse ainsi le champ libre aux grandes favorites, dont la célèbre Montespan. A travers les portraits de ces femmes, on en apprend en fait beaucoup plus sur la personnalité du monarque solaire.
La reine et la favorite (Simone BERTIERE/Le livre de poche)
Troisième volume traitant des reines de france au temps des bourbons, celui ci s'interesse au duel entre l'épouse légitime de
Louis XV, Marie Leszczynska, et une des plus célèbres favorite de notre histoire, Madame de Pompadour.
La reine se pose en gardienne de la tradition dans une cour où la brillante favorite, issue des milieux financiers parisiens,
apporte un soufle de modernité...
Clovis, collection les rois qui ont fait la France (Georges BORDONOVE/J'ai lu)
La dynastie mérovingienne, fondée par Clovis, dura deux siecles et demi (481-737). Roi des Francs saliens, ce dernier parvint à conquérir
la Gaule romaine et à l'unifier. Son baptême est un événement capital de notre histoire : il permit la christianisation de l'Europe.
Alcibiade (Jacqueline de ROMILLY/Le livre de poche)
La biographie d'Alcibiade, figure de la démocratie athénienne de Périclès, et ami de Socrate. Alcibiade incarne le kallos-kagatos cher aux grecs : la beauté du corps s'alliant à l'intelligence de l'esprit. Les Athéniens l'adorent. Malheureusement, Alcibiade est le type même du politicien ambitieux, démagogue et dénué de scrupuleS. Banni par Athènes, il n'hésite pas à servir la cité rivale de Sparte, puis les satrapes de Perse.
Métropolice (Didier DAENINCKX/folio policier)
Patrick Monnet tenait les manettes depuis le départ de la mairie d'Ivry. Il conduisait sous le contrôle de Roger, un vieux de la vieille qui avait connu l'époque du cornet acoustique, avant que le timbre monocorde, un vrai truc de bagnole, ne porte un coup fatal à la mythologie sonore du métro!(...)
La rame entrait dans la station Corentin-Cariou. Patrick ne parvenait pas à contenir un fou rire incoercible.
-Braoum!
A travers ses larmes de joie, cent mètres devant la motrice, il vit un corps basculer dans le vide.
Roger, derrière lui, s'était raidi.
-Bon Dieu... C'est bien notre veine!
De la cabine le choc fut imperceptible.
Voyage au bout de la nuit (Céline/folio)
Un grand classique. Attention, la lecture de ce livre peut modifier profondément votre vision de l'humanité!
[...] D'ailleurs, dans la vie courante, réfléchissons que cent individus au moins dans le cours d'une seule journée bien ordinaire
désirent votre pauvre mort, par exemple tous ceux que vous génez, pressés dans la queue derrière vous au métro, tous ceux encore qui passent devant
votre appartement et qui n'en ont pas, tous ceux qui voudraient que vous ayez achevé de faire pipi pour en faire autant, enfin, vos enfants et bien
d'autres. C'est incessant.On s'y fait.